Edito de Fortuné ASSOGBA : Le chaos béninois !

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Le Bénin depuis 2016 traverse une série de réformes engagées par Patrice Talon et son pouvoir dit de la rupture et du nouveau départ.

En 2016, Patrice Talon porté démocratiquement au pouvoir suite aux élections inclusives, libres et transparentes, a engagé l’une des démocraties les plus vitales en Afrique francophone dans une spirale de réformes. Aucun domaine en 10 ans de gouvernance n’échappera à la volonté de Patrice Talon.

Des réformes institutionnelles avec à la clé la révision contestée de la Constitution béninoise qui a perdu sa sacralité. En 10 ans, la loi fondamentale, ce fétiche cher aux béninois, va subir les assauts répétés de Talon et de ses partisans nommés comme députés à l’Assemblée Nationale. Et tout ceci selon que le prince le veut, avec la création des institutions inutiles et budgétivores alors qu’on se permet même de faire de l’économie sur la santé des Béninois.

Des réformes électorales qui loin d’apporter un plus au pluralisme qui a prévalu jusqu’à son élection, les réformes de Patrice Talon viennent vicier l’atmosphère avec leur cortège d’exclusion. Désormais seul maître de toutes les institutions de la République, le prince décide de qui doit aller aux élections et qui ne doit pas y être. Loin de la tradition béninoise en la matière, les élections au Bénin aujourd’hui ne sont que de simples formalités de nomination.

Le Parlement béninois, alors haut lieu de débats politiques est désormais monocolore et devenu une caisse de résonnance du pouvoir en place. Vote à sens unique, des députés qui applaudissent tout. C’est bien ce qui résulte des réformes conduites par le chantre de la rupture.

Le système judiciaire saccagé et fracassé. Au grand jamais, la justice béninoise est mise au pas. Elle obéit désormais au claquement de doigts du prince avec à la clé de lourdes peines de prison (10 à 20 ans) pour toute voix discordante. Inutile de se mettre à citer des cas ou des noms. Toute chose qui a bouleversé le quotidien des Béninois qui, pour un oui ou un non, se retrouvent derrière les barreaux pour des années. Des milliers de familles sont ainsi disloquées, autant de vies brisées juste pour satisfaire les désirs du prince.

Que dire des réformes sanitaires. Les dégâts de ces réformes sont énormes pour les Béninois avec de très lourdes conséquences. En effet, avant l’avènement de la rupture et du nouveau départ, les dialysés étaient entièrement pris en charge par l’Etat. Voulant donc faire de l’économie sur la santé des Béninois, le pouvoir de la rupture a supprimé cette mesure qui date de plusieurs décennies.

Une décision lourde de conséquences. Impossible aux malades et à leurs familles de faire face aux dépenses liées à cette maladie, partout au monde prise en charge par l’Etat. Résultat, décès en série des malades dialysés.

Quid du secteur agricole ? Là encore, les réformes engagées sont loin d’être à l’avantage des producteurs. D’ailleurs ces derniers sont traqués comme des trafiquants de drogues pour peut qu’ils affichent leur volonté de vendre le fruit de leur dur labeur aux plus offrants. Il est un secret de polichinelle aujourd’hui que toutes les frontières béninoises sont faites de grandes tranchées pour empêcher les producteurs de traverser les frontières avec leurs produits agricoles. Toute situation contraire aux dispositions de la CEDEAO sur la circulation des biens et des personnes.

Et c’est ce Bénin que les klébés du pouvoir de la rupture vendent à longueur de la journée, faisant croire que « le Bénin bouge ». Pour qui le Bénin bouge si les Béninois n’arrivent pas à s’offrir deux repas chauds par jour ? Pour qui le Bénin bouge si les Béninois n’arrivent pas à se soigner ? Le Bénin Bouge et des Béninois subissent la montée exponentielle des prix des denrées de première nécessité.

En 2026, le taux de pauvreté au Bénin reste estimé au-dessus de 30%. Selon les dernières données nationales de la Banque Mondiale, ce taux est autour de 36,2%. Or le pays affiche une forte dynamique macroéconomique. Malgré cette croissance, le Bénin peine à réduire la pauvreté. L’emploi des jeunes reste une préoccupation majeure. Le sous-emploi touche une large population active.

Le Bénin mérite mieux !

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